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NIKI DE SAINT PHALLE : LES ANNÉES 1980 ET 1990. L’ART EN LIBERTÉ

Les Abattoirs, Musée – Frac Occitanie Toulouse sont heureux de présenter une exposition dédiée à l’artiste franco-américaine Niki de Saint Phalle (1930 – 2002).

Pour la première fois, cette exposition se consacrera aux années 1980 et 1990 de l’artiste et rassemblera une centaine d’œuvres ainsi que des photographies et archives.

Ces deux décennies s’écrivent sous l’égide du grand œuvre de Niki de Saint Phalle, l’aventure du Jardin des Tarots en Italie. En parallèle de la réalisation au long cours de cet ensemble monumental à la fois lieu d’art et de vie, elle développe tout un nouveau pan de son travail, qui lui permet d’être elle-même le propre mécène de son projet. Si les années 1960 ont rendu l’artiste franco-américaine célèbre, grâce à ces emblématiques Tirs et Nanas ou encore avec sa proximité avec le Nouveau réalisme, il est temps de regarder ce que l’on appelle faussement « la deuxième partie » de sa carrière. Moins connues, ces années sont pourtant marquées par une liberté, un affranchissement, une diversité de travail, un engagement et un modèle d’entreprenariat, novateurs et exemplaires.

Si l’indépendance est le maître mot qui entoure la création de cette œuvre d’art globale à même la nature et l’habitat qu’est le Jardin des Tarots, commencé en 1978, les années 1980 et 1990 sont aussi celles de la poursuite de l’engagement et plus particulièrement celui envers le public. Niki de Saint Phalle ne cesse pas de créer des œuvres pour l’espace public, de la Fontaine Stravinsky avec Jean Tinguely face au Centre Georges Pompidou, au parc Queen Califia’s Magical Circle en Californie. Ce qui intéresse l’artiste est l’idée de la rencontre directe avec le public hors de l’espace d’exposition traditionnel de la galerie ou du musée. Cela passe aussi par faire entrer l’art chez le public lui-même
et rendre le quotidien exceptionnel. Avec la création de nombreux mobiliers, de lithographies, de bijoux, d’objets gonflables, d’œuvres accessibles en plusieurs formats, utilisables ou portables, voire même de parfums, Niki de Saint Phalle répand l’art dans la vie de chacun et autour d’elle.

Toujours engagée envers les minorités les plus fragiles, l’artiste qui avait développé une conviction féministe précoce et soutenue, à la fois profondément contemporaine et à l’avant-garde, poursuit ses prises de position avec le même humanisme. Ses luttes englobent celles auprès des malades du sida, dont elle est un soutien précoce, la cause noire, ainsi que le réchauffement climatique. Ses prises de positions personnelles et publiques passent aussi par un important travail d’écriture dont des livres d’artiste, notamment autobiographiques, dans lesquelles elle choisit de révéler l’inceste de son père, ce qui va également provoquer des relectures rétrospectives d’une partie de son œuvre. La liberté de parole accompagne l’important travail d’écriture qui marque ses dernières années, avec une place de plus en plus importante des mots et une calligraphie caractéristique, que ce soit dans les dessins, les lithographies, les affiches, ou les livres.

Cet engagement envers elle-même, les autres et son art se fait sous l’angle de la liberté, de l’inclusion et de la joie, de « la vie joyeuse des objets », selon le titre d’une des toutes dernières expositions réalisées de son vivant, au Musée des arts décoratifs à Paris en 2001. Cette joie et cette énergie ambivalente, celle qui entraîne, celle qui contient le malheur comme le bonheur en une même conjuration vitale, celle qui rend libre, rejaillissent dans les motifs et les techniques qui accompagnent ces décennies : monstres colorés, sculptures de mosaïques, animaux et nanas, cœurs et crânes, tableaux éclatés, films animés, etc. embrassent l’art, la nature, la vie comme la mort. L’exposition prend pour point de départ l’année 1978 lorsque Niki de Saint Phalle lance le Jardin des Tarots et son parfum, et se finit en 2002 au décès de l’artiste.

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